
Ve République, jusqu’en 1980 · 17 octobre – 18 octobre 1961 · Paris, Banlieue parisienne
Manifestation des Algériens de Paris et répression du 17 octobre 1961
Le 17 octobre 1961, des Algériens de la région parisienne manifestent sans armes contre un couvre-feu qui ne vise qu'eux. La police réprime ; le bilan reste débattu.
Au pouvoir
, président de la République depuis 1959
, Premier ministre depuis 1959
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
La fin du couvre-feu imposé le 5 octobre 1961 aux seuls « » de la région parisienne.
- Combien ils étaient
environ 20 000 manifestants
Estimation selon l'historienne Sylvie Thénault
7 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Indéterminée
0 demande obtenue, 1 en partie, sur 3
La manifestation est réprimée : 11 538 détenus selon la . Morts : 2 puis 3 selon le bilan officiel, 30 à 50 selon J.-P. Brunet, 108 à 121 de fin août à octobre selon J. House et N. MacMaster. Aucun policier poursuivi. Reconnaissance par l'État en 2012 et 2021 ; l'Assemblée condamne la répression en 2024.
Ce qui était en jeu
3 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Fin du couvre-feu visant les seuls Algériens
Le mot d'ordre du est de braver le couvre-feu « conseillé » le 5 octobre 1961 aux seuls « », de 20 h 30 à 5 h 30.
IndéterminéeLa manifestation n'obtient pas la levée immédiate du couvre-feu : la réponse est une répression massive. Les sources consultées ne datent pas la fin de cette mesure.
Enquête sur la répression et poursuites contre les responsables
Dès 1961, des parlementaires demandent une sur la répression ; la question des responsabilités reste posée jusqu'à la de 2024.
Non obtenuePas de en 1961 et, selon l' de la de 2024, aucune poursuite contre des policiers. Trente-sept ans plus tard, les rapports Mandelkern (1998) et Géronimi (1999) recensent les archives de la police et de la justice, sans visée judiciaire ni lien établi avec cette demande.
Reconnaissance officielle de la répression
Que l'État reconnaisse la répression et ses responsables. En 2021 encore, des militants et des associations réclament la reconnaissance d'un « ».
Partiellement obtenueReconnaissance par étapes : une plaque à Paris en 2001, une déclaration présidentielle en 2012, puis en 2021, une en 2024. Pas de qualification de « » ni de journée nationale instituée dans les sources consultées au 17 octobre 2026.
Comment c’est arrivé
10 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Couvre-feu « conseillé » aux seuls Algériens
Le Papon recommande aux « » de ne pas circuler entre 20 h 30 et 5 h 30.
Manifestation sans armes et répression
Des milliers d'Algériens venus de la banlieue convergent vers Paris à l'appel du . La police les réprime ; plus de 11 000 personnes sont arrêtées.
Bilan policier : deux morts
À 4 heures, le bilan policier compte 2 morts, environ 1 200 blessés et 11 538 détenus. Des tirs reprennent au pont de Neuilly et en banlieue ouest dans la journée.
Rapport Mandelkern sur les archives de la police
Selon Clotilde Lebas, il évoque une trentaine de « morts probables ».
Procès Papon contre Einaudi : le procureur parle de « massacre »
Jean-Luc Einaudi n'est pas condamné pour ; le procureur reconnaît un « massacre » le soir du 17 octobre.
Plaque de la Ville de Paris au pont Saint-Michel
Premier acte commémoratif officiel, inauguré par le maire Bertrand Delanoë.
François Hollande : « La République reconnaît avec lucidité ces faits »
Déclaration du président pour le 51e anniversaire, sans nommer de responsable.
Cérémonie au pont de Bezons : des « crimes inexcusables »
Emmanuel Macron assiste à la cérémonie sans discours ; le communiqué de l' nomme Maurice Papon.
Résolution de l'Assemblée nationale
Adoptée par 67 voix contre 11 et 4 abstentions, elle condamne la répression et souhaite une journée de commémoration, sans force contraignante.
Communiqué de l'Élysée pour les 65 ans
Hommage aux victimes, sans mesure nouvelle annoncée.
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
InterprétationLes chiffres des morts divergent d'abord parce qu'ils ne couvrent pas la même période : Jean-Paul Brunet retient 30 à 50 morts pour la répression du 17 octobre ; Jim House et Neil MacMaster en comptent 108 à 121 sur environ huit semaines à partir du 29 août 1961. Ils divergent aussi par la méthode : en 2008, Brunet ne tient pour certains que 13 décès dus à la police ; dès 2003, Emmanuel Blanchard, qui lui prêtait alors une trentaine de morts certaines, jugeait patente « la tendance de l'auteur à minorer ». Selon Paola Paissa, les historiens divergent sur le nombre mais s'accordent sur le mot « massacre ».
InterprétationCe qui a changé n'est pas le sort du couvre-feu, mais la place de l'événement dans le récit officiel : d'un bilan de trois morts maintenu pendant des décennies à la condamnation d'une « répression sanglante et meurtrière » par l'Assemblée en 2024. Ces textes désignent le Papon ; le musée de l'histoire de l'immigration rappelle que le couvre-feu fut pris en accord avec le gouvernement et la présidence.
Pour aller plus loin
Le récit complet7 paragraphes
Estimation En 1961, en pleine guerre d'Algérie, près de 400 000 Algériens vivent probablement en France, dont la moitié en région parisienne, selon l'historien Gilles Manceron. Les attentats du (Front de libération nationale) contre des policiers et la répression policière s'intensifient à Paris au moment où avancent les négociations sur l'indépendance.
Le 5 octobre 1961, le Maurice Papon « conseille » aux seuls « » de ne pas circuler la nuit, de 20 h 30 à 5 h 30. Ce couvre-feu ne s'applique qu'à eux. Selon le musée national de l'histoire de l'immigration, il est pris en accord avec le gouvernement et la présidence de la République.
La du appelle à braver collectivement le couvre-feu le soir du mardi 17 octobre, puis à une grève des commerçants et à des manifestations de femmes et d'enfants les jours suivants. La consigne est de ne porter aucune arme. Des milliers d'Algériens, hommes, femmes et enfants, viennent de toute la banlieue parisienne.
La police réprime violemment les cortèges : des coups de feu mortels sont tirés dès les premiers heurts au pont de Neuilly, et des manifestants sont arrêtés dès la sortie du métro. Des corps sont jetés dans la Seine. Plus de 11 000 personnes sont arrêtées en quelques heures et enfermées au Palais des sports, au parc des Expositions, au stade de Coubertin ou au . Des tirs reprennent le lendemain au pont de Neuilly et dans la banlieue ouest.
Estimation Le bilan policier arrêté à 4 heures du matin le 18 octobre compte 2 morts, environ 1 200 blessés et 11 538 personnes détenues ; un troisième mort est ajouté peu après. Ce bilan officiel de deux, puis trois morts est maintenu pendant des décennies. L'historienne Sylvie Thénault le juge « sans aucune crédibilité ».
Des parlementaires, dont Gaston Defferre et Eugène Claudius-Petit, demandent une ; les autorités la refusent. Aucune procédure n'a jamais été engagée contre les policiers en cause, rappelle l'Assemblée nationale en 2024.
L'événement revient au premier plan à la fin des années 1990, avec le procès de Maurice Papon à Bordeaux pour complicité de . Papon attaque en l'auteur Jean-Luc Einaudi, qui avait parlé de « massacre » ; Einaudi n'est pas condamné et, en février 1999, le procureur reconnaît lui-même un « massacre ». Deux rapports officiels, en 1998 et 1999, recensent les archives : celles de la police (rapport Mandelkern, 1998) et celles de la justice (rapport Géronimi, 1999).
Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Répression
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/3
Fin du couvre-feu visant les seuls Algériens
Le mot d'ordre du FLN est de braver le couvre-feu « conseillé » le 5 octobre 1961 aux seuls « Français musulmans d'Algérie », de 20 h 30 à 5 h 30.
IndéterminéeIndéterminée
La manifestation n'obtient pas la levée immédiate du couvre-feu : la réponse est une répression massive. Les sources consultées ne datent pas la fin de cette mesure.
- Demande17 oct. 1961
- Répression17 oct. 1961
- Répression18 oct. 1961
Voir les 3 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien indéterminé
Le FLN appelle les Algériens de la région parisienne à braver collectivement le couvre-feu, sans armes, le soir du 17 octobre.
- Délai depuis l’étape précédente : + le même jour
La police disperse violemment les cortèges et arrête plus de 11 000 personnes, internées dans plusieurs lieux de Paris et de Vincennes.
- Délai depuis l’étape précédente : + 1 jour
Le bilan policier arrêté à 4 heures du matin compte 11 538 personnes détenues. Des tirs reprennent le lendemain au pont de Neuilly et dans la banlieue ouest.
Lien indéterminé
Les sources disponibles ne permettent pas d’établir le lien.
Aucune source consultée ne date la levée du couvre-feu ni ne la relie à la manifestation. On ne peut donc établir aucun lien entre la mobilisation et la fin de la mesure.
Revendication 2/3
Enquête sur la répression et poursuites contre les responsables
Dès 1961, des parlementaires demandent une commission d'enquête sur la répression ; la question des responsabilités reste posée jusqu'à la résolution de 2024.
Non obtenueNon obtenue
Pas de commission d'enquête en 1961 et, selon l'exposé des motifs de la proposition de résolution de 2024, aucune poursuite contre des policiers. Trente-sept ans plus tard, les rapports Mandelkern (1998) et Géronimi (1999) recensent les archives de la police et de la justice, sans visée judiciaire ni lien établi avec cette demande.
- Demande1961
- Réponse1961
- Bilan1998
- Bilan1999
Voir les 4 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien discuté
Gaston Defferre et Eugène Claudius-Petit, parlementaires, demandent une commission d'enquête.
- Délai depuis l’étape précédente : + même période
Les autorités rejettent la demande de commission d'enquête.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 37 ans
Sans lien établi avec la demande de 1961 : le rapport Mandelkern recense les archives de la préfecture de police et parle, selon Clotilde Lebas, d'une trentaine de « morts probables ».
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 12 mois
Sans lien établi avec la demande de 1961 : Jean Géronimi remet un rapport sur les archives judiciaires. En février, au procès intenté par Papon à Jean-Luc Einaudi, le procureur reconnaît un « massacre ».
Lien discuté
Des historiens ou analystes en désaccord, ou d’autres causes plausibles.
Rien ne relie les rapports de 1998 et 1999 à la demande de 1961 ni à la manifestation. Sylvie Thénault les situe après le procès Papon et la procédure contre Einaudi, qui ont remis l'événement au premier plan. Ils visent surtout à recenser les archives, pas à juger.
Revendication 3/3
Reconnaissance officielle de la répression
Que l'État reconnaisse la répression et ses responsables. En 2021 encore, des militants et des associations réclament la reconnaissance d'un « crime d'État ».
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Reconnaissance par étapes : une plaque à Paris en 2001, une déclaration présidentielle en 2012, puis en 2021, une résolution en 2024. Pas de qualification de « crime d'État » ni de journée nationale instituée dans les sources consultées au 17 octobre 2026.
- Réponse2001
- Réponse17 oct. 2012
- Réponse16 oct. 2021
- Vote28 mars 2024
- Bilan17 oct. 2026
Voir les 5 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien discuté
La mairie de Paris appose une plaque sur le pont Saint-Michel « à la mémoire des nombreux Algériens tués lors de la sanglante répression », premier acte commémoratif officiel.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 11,8 ans
Déclaration de François Hollande : « La République reconnaît avec lucidité ces faits ». Elle ne désigne pas les responsables.
- Délai depuis l’étape précédente : + 9 ans
Au pont de Bezons, Emmanuel Macron assiste à une cérémonie sans prendre la parole. L'Élysée qualifie d'« inexcusables pour la République » les crimes commis sous l'autorité de Maurice Papon. Des associations jugent ce pas insuffisant et réclament la reconnaissance d'un « crime d'État ».
- Délai depuis l’étape précédente : + 2,4 ans
L'Assemblée nationale adopte par 67 voix contre 11 (4 abstentions) une résolution qui condamne la « répression sanglante et meurtrière » et souhaite une journée de commémoration. Une résolution n'a pas de force contraignante.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2,6 ans
Pour les 65 ans, l'Élysée publie un court texte d'hommage aux victimes d'une répression « sous l'autorité » de Papon, sans annoncer de mesure nouvelle.
Lien discuté
Des historiens ou analystes en désaccord, ou d’autres causes plausibles.
La reconnaissance suit des décennies de témoignages, de travaux d'historiens et d'accès progressif aux archives ; l'Assemblée attribue elle-même aux historiens l'approfondissement des faits. Mais elle s'inscrit aussi dans le travail mémoriel entre la France et l'Algérie, ce qui empêche d'en isoler une seule cause.
Tous les chiffres7 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : manifestants, personnes détenues, morts. Elles ne se comparent pas entre elles.
Paris et banlieuemorts
une trentaine
Décompte officiel selon l’administrationRapport Mandelkern (1998), cité par Clotilde Lebas
Morts probables selon le rapport Mandelkern — Chiffre connu ici par l'article de Clotilde Lebas ; le rapport lui-même (Vie publique) n'a pas pu être ouvert. Rapport remis en 1998 ; période couverte non précisée par Lebas.
Région parisiennemorts
108 à 121
Estimation selon des chercheursJim House et Neil MacMaster, historiens (cités par Jean-Paul Brunet)
Morts de la violence policière, fin août à octobre 1961 — Période d'environ huit semaines à partir du 29 août 1961, et non la seule nuit du 17 octobre. Chiffre lu dans la critique qu'en fait Brunet, pas dans l'ouvrage lui-même.
Parismanifestants
environ 20 000
Estimation selon l'historienne Sylvie ThénaultSylvie Thénault, historienne (2000)
Manifestants à Paris le 17 octobre — L'encyclopédie Larousse avance 22 000 manifestants, sans source ; le musée de l'histoire de l'immigration parle de « dizaines de milliers ». Aucun chiffre des organisateurs n'a été trouvé.
Paris et banlieuemorts
30 à 50
Estimation selon des chercheursJean-Paul Brunet, historien (2008)
Morts de la répression du 17 octobre selon Jean-Paul Brunet — Fourchette « en comptant large » (2008). Brunet y distingue 13 décès « certains ou quasi certains » dus à la police, 8 « vraisemblables » et 4 « probables », et rattache d'autres morts à une « violence périphérique ». En 2003, Emmanuel Blanchard relevait qu'il imputait « avec certitude une trentaine de morts » et jugeait patente « la tendance de l'auteur à minorer ».
plusieurs dizaines
Estimation selon le Musée national de l'histoire de l'immigration
Algériens tués par la police le 17 octobre — Le musée évoque une centaine de morts pour septembre et octobre 1961 et juge le bilan « toujours incertain ».
Paris et banlieuepersonnes détenues
11 538
Décompte officiel selon la policePréfecture de police (bilan de 4 h demandé par le directeur général de la police municipale, cité par Jean-Paul Brunet)
Personnes détenues selon le bilan policier du 18 octobre (4 h) — Brunet écrit « 11.538 détenus ». Larousse indique « plus de 11 000 » arrestations, Clotilde Lebas « plus de dix mille », le musée de l'histoire de l'immigration « plus de 12 000 » personnes conduites dans des centres ; le bilan policier s'arrête à 4 heures du matin le 18 octobre.
Paris et banlieuemorts
2, puis 3
Décompte officiel selon la police · Préfecture de police
Bilan officiel des morts — Deux morts au bilan de 4 heures le 18 octobre, un troisième ajouté ensuite. Bilan jugé « sans aucune crédibilité » par Sylvie Thénault.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal9 limites
- Le nombre de morts reste débattu et dépend du périmètre : nuit du 17 octobre, journées du 17 et du 18, ou deux mois de violences. Les estimations lues vont de 2 ou 3 (bilan officiel) à plus de 200 (« les historiens » selon Clotilde Lebas) ; Larousse cite 32 à 285 morts sans nommer ses sources.
- Le chiffre de 48 morts attribué au rapport Géronimi (1999) n'a pas pu être vérifié : les pages de Vie publique consacrées aux rapports Mandelkern et Géronimi étaient inaccessibles (erreur 503). France 24 écrit « au moins 48 morts » pour la seule nuit, sans citer sa source ; le chiffre n'est donc pas mis en avant. Le chiffre du rapport Mandelkern n'est connu ici que par une source secondaire, et l'autorité qui a commandé ce rapport n'a pas été vérifiée.
- Le bilan officiel est donné à deux morts (Lebas, bilan policier de 4 heures cité par Brunet) ou trois (Thénault, Larousse, France 24) : un troisième mort a été ajouté peu après.
- Le nombre de manifestants n'a pas d'estimation policière ou d'organisateur retrouvée : 20 000 selon Sylvie Thénault, 22 000 selon Larousse, « des dizaines de milliers » selon le musée de l'histoire de l'immigration, « des milliers » selon l'Assemblée.
- La forme juridique du couvre-feu varie selon les sources : simple « conseil » du selon Clotilde Lebas, « décret » selon la de 2024. Les sources consultées ne datent pas sa levée.
- Le texte de Jean-Paul Brunet a été lu dans sa reproduction autorisée sur le blog Études coloniales, et les chiffres de House et MacMaster à travers sa critique. Les ouvrages d'Einaudi, Brunet, House et MacMaster, les articles de Cairn et de HAL, Le Monde et Libération n'ont pas pu être consultés.
- Le degré de liberté des participants face aux consignes du , discuté par certains historiens, n'a pas pu être vérifié dans les sources ouvertes.
- La date du jugement du procès Papon contre Einaudi n'est pas fixée avec certitude : Sylvie Thénault parle d'un jugement de février 1999, France 24 date du 12 février 1999 le du parquet. Le dossier ne date donc que le réquisitoire.
- Les actions annoncées par le pour les jours suivants (grève des commerçants, manifestations de femmes et d'enfants) ne sont ni datées ni chiffrées ici ; la fin de la mobilisation est fixée au 18 octobre faute de mieux.
Sources17 références · 5 octobre 1961 – 17 octobre 2026
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 5
- Institution publique ou patrimoniale 1
- Travaux de recherche 7
- Presse 3
- Synthèse encyclopédique 1
- 1Texte officiel ou archive
Assemblée nationale · publié le 28 mars 2024
Texte adopté le 28 mars 2024 : visas des déclarations présidentielles des 17 octobre 2012 et 16 octobre 2021 ; rappel d'une manifestation pacifique contre un couvre-feu visant les seuls « Français musulmans d'Algérie » ; condamnation de la répression « sanglante et meurtrière » menée sous l'autorité de Maurice Papon ; souhait d'une journée de commémoration.
- 2Texte officiel ou archive
Assemblée nationale
Proposition de résolution n° 2243 déposée le 28 février 2024, examinée en séance publique et adoptée le 28 mars 2024 (texte adopté n° 273).
- 3Texte officiel ou archive
Assemblée nationale · publié le 28 mars 2024
Scrutin public du jeudi 28 mars 2024 : 82 votants, 78 suffrages exprimés, 67 pour, 11 contre (tous du groupe Rassemblement national), 4 abstentions ; résolution adoptée.
- 4Texte officiel ou archive
Sabrina Sebaihi, Julie Delpech, Sylvain Maillard et autres · Assemblée nationale · publié le 28 février 2024
Couvre-feu discriminatoire du 5 octobre ; bilan officiel de « deux puis trois morts » ; aucune procédure jamais engagée contre les policiers ; plaque de 2001 au pont Saint-Michel et stèle de 2019 ; citations des déclarations de 2012 (« La République reconnaît avec lucidité ces faits ») et de 2021 ; accès récent des historiens aux archives.
- 5Texte officiel ou archive
Commémoration des 65 ans du 17 octobre 1961 (site extérieur)
Présidence de la République (elysee.fr) · publié le 17 octobre 2026
Le 17 octobre 2026, l'Élysée rend hommage aux Algériens victimes d'une répression sanglante organisée sous l'autorité du préfet Papon, sans annoncer de mesure nouvelle ni de bilan chiffré.
- 6Institution publique ou patrimoniale
Le 17 octobre 1961 à Paris : une démonstration algérienne, un massacre colonial (site extérieur)
Musée national de l'histoire de l'immigration (Palais de la Porte Dorée)
Couvre-feu discriminatoire édicté par Papon en accord avec le gouvernement et la présidence ; riposte du FLN en trois volets ; foule sans armes ; coups de feu mortels au pont de Neuilly ; plus de 12 000 personnes conduites dans des centres ; tirs le lendemain au pont de Neuilly et en banlieue ouest ; « plusieurs dizaines » de morts le 17 octobre et une centaine pour septembre-octobre ; hommage jugé timide de François Hollande. Page sans auteur ni date.
- 7Travaux de recherche
Au fil de nos souvenirs : le 17 octobre 1961, emblème des violences policières (site extérieur)
Clotilde Lebas · Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (OpenEdition) · publié le 6 mars 2012
Couvre-feu « conseillé » aux seuls FMA décidé le 5 octobre 1961 ; consigne du FLN de ne porter aucune arme ; hommes, femmes et enfants venus de la banlieue ; arrestations dès la sortie du métro ; corps jetés à la Seine ; plus de dix mille arrestations ; version officielle de deux morts ; rapport Mandelkern (1998) évoquant une trentaine de « morts probables » ; historiens parlant de plus de deux cents morts.
- 8Travaux de recherche
Le fantasme du secret d'État autour du 17 octobre 1961 (site extérieur)
Sylvie Thénault · Matériaux pour l'histoire de notre temps (Persée) · publié le 2000
Vingt mille Algériens manifestent à l'appel du FLN ; bilan officiel de trois morts « sans aucune crédibilité » ; procès Papon de Bordeaux comme occasion de revenir sur le 17 octobre ; jugement de février 1999 ne condamnant pas Einaudi, le procureur reconnaissant un « massacre » ; deux rapports officiels en 1998 et 1999 (Mandelkern pour la police, Géronimi pour la justice) destinés à recenser les archives.
- 9Travaux de recherche
Jean-Paul Brunet · Études coloniales (reproduction autorisée de la revue Commentaire) · publié le 24 septembre 2008
Bilan policier arrêté à 4 heures le 18 octobre à la demande du directeur général de la police municipale : 2 morts (un troisième ajouté très vite), 1 200 blessés, 11 538 détenus ; estimation de Brunet de 30 à 50 morts « en comptant large », dont 13 cas certains ou quasi certains ; 108 à 121 morts sur environ huit semaines à partir du 29 août 1961 selon House et MacMaster, que Brunet critique.
- 10Travaux de recherche
Compte rendu de Jean-Paul Brunet, Charonne. Lumières sur une tragédie (site extérieur)
Emmanuel Blanchard · Crime, Histoire & Sociétés (OpenEdition) · publié le 2003
Brunet (Charonne, 2003) impute avec certitude une trentaine de morts à la répression policière ; Blanchard juge cette partie « loin d'être la plus convaincante » et « la tendance de l'auteur à minorer » patente ; renvoi aux rapports Mandelkern (1998) et Géronimi (1999), sans chiffre.
- 11Travaux de recherche
Paola Paissa · Argumentation et Analyse du Discours (OpenEdition) · publié le 9 avril 2016
Manifestation pacifique contre le couvre-feu de Papon ; 50 à 200 victimes selon les historiens, qui divergent sur le nombre mais s'accordent sur le terme « massacre » ; plaque de Bertrand Delanoë au pont Saint-Michel depuis 2001 ; communiqué de 2012 « La République reconnaît avec lucidité ces faits » et sa réception.
- 12Travaux de recherche
Des nœuds dans le Web : la commémoration du 17 octobre 1961 sur Internet (site extérieur)
Philippe Brand · Entrelacs (OpenEdition) · publié le 14 janvier 2016
Silence de l'État et inaccessibilité des archives, rôle des témoins dans la transmission ; plaque inaugurée en 2001 par Bertrand Delanoë, premier acte commémoratif officiel, portant l'inscription sur la « sanglante répression ».
- 13Travaux de recherche
Comment le massacre colonial du 17 octobre 1961 fut préparé au sein de l'État (site extérieur)
Gilles Manceron · Contretemps (extrait de la postface au livre de Marcel et Paulette Péju, La Découverte) · publié le 15 octobre 2021
Environ 400 000 Algériens en France en 1961, dont la moitié en région parisienne.
- 14Presse
17 octobre 1961 : Macron dénonce des « crimes inexcusables pour la République » (site extérieur)
France 24 (avec AFP) · publié le 16 octobre 2021
Cérémonie du 16 octobre 2021 au pont de Bezons, sans discours du président ; communiqué de l'Élysée qualifiant d'« inexcusables pour la République » les crimes commis sous l'autorité de Maurice Papon et rappelant que des corps ont été repêchés dans la Seine ; associations jugeant le geste insuffisant et réclamant la reconnaissance d'un « crime d'État ».
- 15Presse
France 24 (avec AFP) · publié le 28 mars 2024
Résolution adoptée le jeudi 28 mars 2024 par 67 voix contre 11, les voix contre venant du Rassemblement national ; souhait d'une journée de commémoration.
- 16Presse
17 octobre 1961 : un massacre d'Algériens au cœur de Paris (webdocumentaire) (site extérieur)
Assiya Hamza · France 24 · publié le octobre 2021
Le 12 février 1999, le parquet de Paris qualifie les faits de « massacre » ; bilan officiel de trois morts maintenu pendant plusieurs décennies.
- 17Synthèse encyclopédique
Massacre du 17 octobre 1961 (site extérieur)
Encyclopédie Larousse
Couvre-feu du 5 octobre 1961 de 20 h 30 à 5 h 30 pour les « Français musulmans d'Algérie » de la région parisienne ; plus de 11 000 arrestations et lieux d'internement (Palais des sports, parc des Expositions, stade de Coubertin, centre de Vincennes) ; demande de commission d'enquête de Gaston Defferre et Eugène Claudius-Petit rejetée ; fourchette de 32 à 285 morts selon les sources.






































